El fin de los días, de Jenny Erpenbeck.

Los relatos de una abuela marcada por las catástrofes europeas del siglo XX, la imagen de los refugiados atrapados como espectros en un limbo legal en Alemania, las noticias de los niños apropiados por la dictadura argentina? Jenny Erpenbeck observa el mundo y encuentra, una y otra vez, una misma historia. “Siempre me interesó cómo actúa uno en esa situación: cuando todo cambia de pronto y uno debe encontrarse o reinventarse a sí mismo”, explica la escritora alemana al recibir a la nacion en su casa de Berlín.

Esa exploración de la identidad -de la pérdida, búsqueda y reinvención de la identidad- inspira una obra considerada ya como una de las más atractivas de la narrativa alemana actual y suma ahora un nuevo título en español con la publicación de la novela El fin de los días (Edhasa). Narradora fina y musical, formada como directora escénica y pareja de un director de orquesta con el que tiene un hijo.

 

El fin de los días

Quizás no haya otra memoria que la del dolor y la injusticia. Al mismo tiempo, esa memoria es un testimonio de la supervivencia, en condiciones que la vida nunca hubiera reclamado para sí misma. Jenny Erpenbeck es la escritora contemporánea más sensible a esta tradición, también es la más talentosa. Cada una de sus novelas es un lujoso eslabón de una cadena histórica: la del siglo XX; sobre todo la de Europa.

 

El fin de los días comienza antes de la Primera Guerra Mundial y llega hasta la caída del Muro de Berlín. Es una saga familiar, que va de Galitzia a Austria, de la Unión Soviética a Alemania. La geografía no es casual: le permite narrar el ocaso del Imperio Austro Húngaro; el antisemitismo recurrente; el exterminio de la Segunda Guerra Mundial; el terror bajo el gobierno de Stalin. Sucesivos derrumbes de la humanidad que son resistidos por una serie de mujeres excepcionales; mujeres que sobreviven a lo peor de su tiempo, que extienden su linaje. Están más allá de la felicidad; luchan ahí donde parecía perdido.

Con una escritura majestuosa, capaz de un tono lírico conmovedor y de una fría crudeza, esta novela de Jenny Erpenbeck narra como la historia afecta, y en general asola, la vida de las personas corrientes. Sus personajes resisten este embate con valor, sin que eso garantice el triunfo. Lo que si garantiza es su dignidad y un libro inolvidable.

Compilación realizada por Lorena Lacaille

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‘Sucre noir’: Miguel Bonnefoy

L’écrivain français Miguel Bonnefoy, véritable prodige littéraire qui s’inspire à la fois des cultures française et sud-américaine, invite les lecteurs à le suivre dans une formidable chasse au trésor parfumée au rhum et teintée de réalisme magique dans son nouvel opus, Sucre noir.

Ce roman – grand coup de cœur de la rentrée littéraire et figurant dans la première sélection du prix Fémina – raconte avec une plume colorée, riche, palpitante, la vie de la famille Otero, des planteurs de canne à sucre d’un petit village continental qu’on imagine près de la mer des Caraïbes.

Grâce à l’imaginaire foisonnant de Miguel, les chercheurs d’or se succèdent à la recherche d’un trésor laissé dans les parages par le pirate Henry Morgan après le naufrage de son navire.

Chasse au trésor, quête d’amour, parfums tropicaux et notes de rhum, sensualité à fleur de peau, tout est distillé à la perfection dans ce roman où la magie flotte au-dessus de chaque page.

Parfum des mots et du rhum

Miguel Bonnefoy a eu envie d’écrire sur le rhum à la suite d’une soirée où il lisait des pages de son premier roman, Le voyage d’Octavio, alors qu’un maître rhumier assemblait et buvait des verres de rhum, « en essayant de voir s’il y avait des passerelles entre le parfum des mots et celui du rhum », dit-il, en entrevue. « J’ai été surpris de voir qu’il utilisait un champ lexical qui était beaucoup plus proche de la poésie que de l’alcool. »

Inspiré, Miguel est parti pour le Venezuela, dans une ferme-distillerie où il a pu rencontrer un maître rhumier qui lui a montré comment se transformait le rhum, depuis la canne à sucre jusqu’au service d’un petit verre de rhum avec un glaçon et un trait de citron vert.

« Je voyais qu’il y avait là un roman possible. J’ai pris énormément de notes dans un Moleskine et je suis parti à la villa Yourcenar. Je me suis enfermé là et pendant deux ou trois mois, j’ai pu passer au propre tout ce que j’avais noté pour créer une structure narrative, reprendre les personnages, donner un déroulé de l’action, travailler mes scènes et utiliser l’argile de ce que j’avais vu au Venezuela pour pouvoir la mettre dans le roman. »

Magie

En se documentant sur l’histoire de la flibuste et la piraterie, il est tombé sur la figure incontournable de Henry Morgan… « Je me suis dit: “comme il serait beau de pouvoir écrire l’histoire d’un naufrage… et de le relier avec l’univers de la faune et de la flore, c’est-à-dire de la forêt !” Je me suis dit que ce serait beau d’ouvrir le livre par un chapitre en remplaçant les poissons par les oiseaux, les écumes par les feuillages, les vagues par les troncs d’arbre et faire un travail de croisement dans lequel on a d’un côté un naufrage classique maritime et, d’un autre côté, l’imaginaire de la forêt. »

Le personnage d’Éva Fuego, né du feu et qui meurt par le feu, lui fait penser à cette phrase de Baudelaire, « User du glaive et périr par le glaive ». « J’aime bien ce personnage parce qu’il permet de montrer à quel point la femme n’a pas besoin d’être, dans les romans, forcément belle ou devoir se marier. Au contraire, elle peut être digne, souveraine, puissante, forte, robuste. »

Tout son roman est teinté de magie. Y croit-il ? « Je fais partie de ces hommes superstitieux qui pensent qu’on n’est pas seuls, et que les forces invisibles peuvent pénétrer à l’intérieur du monde… et avoir un mouvement silencieux et secret. »

EXTRAIT

 

« Le jour se leva sur un navire naufragé, planté sur la cime des arbres, au milieu d’une forêt. C’était un trois-mâts de dix-huit canons, à voiles carrées, dont la poupe s’était enfoncée dans un manguier à plusieurs mètres de hauteur. À tribord, des fruits pendaient entre les cordages. À bâbord, d’épaisses broussailles recouvraient la coque.

Tout était sec, si bien qu’il ne restait de la mer qu’un peu de sel entre les planches. Il n’y avait pas de vagues, pas de marées. D’aussi loin que s’étendait le regard, on ne voyait que des collines. Parfois, une brise passait, chargée d’un parfum d’amandes sèches, et l’on sentait craquer tout le corps du navire, depuis la hune jusqu’à la cale, comme un vieux trésor qu’on enterre. »

— Miguel Bonnefoy, Sucre noir

Compilation réalisée par Lorena Lacaille.

“L’Art de perdre” de Alice Zeniter

Alice Zeniter, née d’un père algérien et d’une mère française, a grandi à Champfleur, dans la Sarthe, jusqu’à ses 17 ans, et a suivi une partie de son parcours scolaire à Alençon, dans l’Orne. En 2006, elle est élève à l’École normale supérieure. En 2013, elle est chargée d’enseignement à l’université Sorbonne Nouvelle. Elle enseigne également le français en Hongrie, où elle vit plusieurs années. Elle y est assistante-stagiaire à la mise en scène dans la compagnie théâtrale Kreatakor du metteur en scène Arpad Schilling. Puis elle collabore à plusieurs mises en scène de la compagnie théâtrale Pandora, et travaille en 2013 comme dramaturge pour la compagnie Kobal’t. Elle collabore à l’écriture du long métrage Fever, une adaptation du roman éponyme de Leslie Kaplan, réalisé par Raphaël Neal et sorti en 2015.

Alice Zeniter a publié son premier roman, Deux moins un égal zéro, aux Éditions du Petit Véhicule, à 16 ans7. Son second roman, Jusque dans nos bras, publié en 2010, chez Albin Michel, est traduit en anglais sous le titre Take This Man.

Romans

Alice ZENITER :”L’art de perdre”

 

Compilation réealisée par Lorena Lacaille.

«La mirada del Observador»: Marc Behm

 

Marc Behm nunca fue amigo de la fama, por lo que su obra apenas ha tenido seguidores salvo un reducido grupo de aficionados que han elevado su trabajo no ya a la irritante condición de culto, sino como un autor de referencia con el que disfrutar de sus constantes e inteligentes reinterpretaciones genéricas. Guionista y escritor, su muerte el pasado 12 de julio en Fort Mahon-Plaguet, Francia, ha cogido por sorpresa a los lectores que cayeron bajo su influjo tras devorar (literalmente) casi todos sus libros, la mayoría de ellos publicados en España, aunque difíciles de conseguir por estar descatalogados.
Marc Behm nunca fue el americano impasible, afortunadamente. De hecho abandonó su país que lo ahogaba para buscar refugio en un pequeño pueblecito de la campiña francesa, donde escribía sin planes fijos. No deja, resaltamos, una bibliografía prolija, pero sí unos cuantos títulos que a su manera han supuesto un antes y un después dentro de los géneros que abordó. La mirada del observador, su obra maestra, es un libro policíaco que trasciende las fronteras del género donde por una vez se explota hasta límites pocos sospechados el elemento voyeur del detective privado, un hombre en la novela que lo abandona todo mientras persigue a una asesina múltiple en la que cree reconocer a su hija perdida.
En la divertidísima La doncella de hielo, Behm haría algo parecido pero con la novela tradicional de vampiros, huyendo de las penosas actualizaciones de Anne Rice, Behm contempla a sus criaturas de la noche como un hatajo de perdedores que viven (o no viven) como pueden, mientras son acosados por discípulos de Van Helsing, fanáticos de la cruz y de la estaca.


El escritor, nacido en Trenton, Nueva Jersey en 1925, reinterpretó también las claves de la literatura erótica en La reina de la noche, historia en la que recrea la vida de una atractiva mujer alemana que se hace nazi por vocación asesina. Quizá en esta obra se revele con mayor intensidad una de las constantes de este escritor: la belleza monstruosa e inocente, la fascinación por el mal, sin ataduras morales de ningún tipo, una obsesión por la belleza que ha sido tallada a golpe de crueles hachazos.
Otras novelas suyas son Crab y No pretendas saber más, títulos que si bien son atractivos por extravagantes, no resultan tan fascinantes como los anteriormente reseñados. Marc Behm compaginó su faceta como errático escritor con la de también errático guionista, entre otras películas es responsable de los libretos de Charada, de Stanley Donen y Help, dirigida por Richard Lester a mayor gloria de The Beatles. Yo lo prefiero, sin embargo, en su faceta como escritor, donde ocupa un lugar privilegiado en mi galería de narradores desconocidos por esa mayoría y también minoría silenciosa que no se ha cansado todavía de despreciar el talento de los que viven al margen y nos miran desde el otro lado sin dejar de asombrarse.

Como escritor fue tardío. Empezó a publicar a los cincuenta y dos años novelas poco convencionales como La reina de la noche o La doncella de hielo, pero sin duda es La mirada del observador, recuperada por la magnífica colección RBA Serie Negra dirigida con buen criterio por la canadiense Anik La Pointe, su indiscutible obra maestra. Porque pocas novelas de género negro tienen una capacidad de perturbar como ésta, de llevar al lector por un tortuoso itinerario trufado de crímenes y que éste establezca la misma complicidad con la sangrienta mantis religiosa que la del protagonista, el misterioso el Ojo, que la sigue a todas partes y la protege cuando es menester.

El Ojo, un detective en horas bajas, que vierte muy poca información sobre sí mismo salvo su afición por los crucigramas y relaciones sentimentales fracasadas, recibe el encargo de unos padres para que investigue a la novia de su hijo. Lo que descubre acerca de la personalidad de esa atractiva muchacha, que le recuerda a una hija a la que no ha vuelto a ver, le sorprende. La mujer es una asesina en serie implacable que adopta un sinfín de personalidades y va cambiando caprichosamente su nombre al mismo ritmo que el color de su peluca. Pronto el Ojo se olvida de su encargo para seguir las andanzas de esa peligrosa mujer y recorre con ella, durante diez años, Estados Unidos, de costa a costa (Una tarde se encontró en la playa de Halfmoon y no tenía ni idea de cómo había llegado hasta allí; otra noche se quedó dormido en su coche en un aparcamiento de San Lorenzo y despertó cinco horas más tarde al otro lado de la bahía, en la sala de espera de una terminal de autobuses en Belmont. Una mañana se miró al espejo y se quedó asombrado de tener bigote) y de cadáver en cadáver, protegiéndola cuando su vida peligra o cuando está a punto de ser apresada por la policía que le sigue la pista.

Se levantaron y fueron a la pista de baile. El Ojo se reclinó en la silla, cruzó los brazos y los miró. Pasaron bailando junto a su mesa. Permaneció meciéndose justo enfrente de él, con los ojos cerrados. Nunca había estado tan cerca de ella. Su mano izquierda, sobre el hombro de Brice, señalaba en su dirección. El dedo índice estaba deformado, doblado como una hoz. El maquillaje de los ojos a media luz daba a su rostro la misteriosa extrañeza de una máscara. Perlas diminutas colgaban de los lóbulos de sus orejas. Su carne repelía la oscuridad, iluminándola, arropándola en un halo de incandescencia.

Porque la fascinación que siente el Ojo por ese personaje frío y amoral es muy superior al rechazo que pueda sentir por su implacable y sangriento proceder en un proceso de identificación absoluto. La mirada del observador es una novela negra contundente, repleta de cínica violencia y áspero sentido del humor, pero es también una historia de amor absoluta, entendiendo por absoluta que una de sus partes, el Ojo, no recibe nada a cambio ni espera a ser correspondido por esa pasión enfermiza e irracional que le lleva a hipotecar diez años de su vida.

Paradogicamente bajo la piel de esta dura y seca novela negra, una road movie, utilizando el término cinematográfico tan preciso para definir esta novela de múltiples escenarios, trufada de muerte  por disparos, apuñalamientos, estrangulamientos, ahogamientos, envenenamientos (El doctor número dos fue asfixiado con la almohada mientras dormía bajos los efectos de su champagne de bodas)  resulta ser el recorrido alrededor de una obsesión amorosa, (La había encontrado. En recompensa por todas sus pérdidas le había sido concedido este premio: una chica dormida en un cuarto sombrío. El mundo entero era un abismo lleno de los hombres que ella había asesinado, pero también era su gracia y su redención. Le había llamado y él había venido. A partir de ahora nunca la abandonaría) hay una gran historia de amor, la que el Ojo experimenta por esa mujer en la que, irracionalmente, o no, ve el fantasma de su desconocida hija. Y esa relación intangible entre los dos protagonistas de la novela, el narrador Ojo y la asesina mutante, que apenas llegan a rozarse en algún instante, cuando la toma en sus brazos después de quedar malherida, es una de las bazas más fuertes de La mirada del observador.

Con prosa seca, sin artificios (El Hogar Municipal de Niñas Mercer era puro Charles Dickens. Paredes mugrientas, un patio sucio de hollín, ventanas puercas, arcadas de mazmorra. Parecía una imagen retrospectiva de la época victoriana), dominio perfecto de los diálogos, descripciones precisas y habilidad para el dibujo de los secundarios (las víctimas, los policías, los dueños de los moteles…) Marc Bhem edifica esta extraordinaria arquitectura literaria y construye esta original historia policial en la que el lector va de la mano del Ojo siguiendo los pasos de esa bella e inmoral ejecutora guiada sólo por su afán de dinero.

El tiempo pasa. Nada queda. Excepto viejas fotografías de rostros jóvenes. Bhem perfila el desarraigo de unos personajes y el de toda una nación, la suya con frases magistrales. Behm es un  Hopper literario que pinta la frialdad de una nación sin historia en el lienzo de su novela, porque un sentimiento de derrota y frustración, de búsqueda de la felicidad sin rozarla nunca, pivota sobre esas 235 páginas de lectura adictiva.

Un clásico. Una novela extraordinaria y sublime. Una de las cinco mejores novelas policiales de todos los tiempos, sin duda. Sobresaliente.

 

 

 

Compilación realizada por Lorena Lacaille.

Herta Müller, el dilema eterno de la identidad.

Perseguida por la Securitate por no aceptar cooperar y ser informante de la temida policía secreta de Ceausescu, en 1987, Herta decidió salir del país y vivió en lo que era en aquel entonces Alemania Federal y sigue viviendo en lo que es, después de la caída del Muro de Berlín (hace 20 años), una sola Alemania.

Escribió y publicó en Rumania dos libros y todo el resto de su obra fue escrita y publicada en Alemania. Tanto en Rumania como en Alemania escribió en alemán. Y aquí tengo que mostrarme muy agradecida con todos los periodistas del mundo que no sólo mencionaron el pueblo del oeste de Rumania (Nytzkydorf, en la provincia históricamente conocida como Banat) donde nació, sino también explicaron por qué en esta parte de Rumania (pero también en otras regiones del centro del país) hay germanohablantes. Y aún más: he leído en internet las más documentadas noticias con informaciones sobre las minorías étnicas de Rumania y en concreto sobre la de los suabos (una rama de los alemanes que emigraron hacia el sureste, a partir de la mitad del siglo XVII), a la que pertenecía la familia de Herta Müller.

Rabia al fracaso y al exilio

Es rumana, ama su país natal, sufre por los 20 años de transición complicada después del derrocamiento de Ceausescu, le dan rabia los fracasos, las complicidades, las dobles medidas frente al pasado y frente al presente. Ha vuelto a Rumania (la última vez en 2008), donde se publicaron en los últimos años sus libros; ha dado conferencias, ha concedido entrevistas, se ha reunido con sus antiguos amigos, con los escritores rumanos, ha visitado, además de Bucarest, la ciudad de Timisoara, la capital de la región de Banat, donde estudió, donde amó, donde sufrió la persecución de la Securitate, la policía política de Ceausescu que la obligó tomar la decisión de salir del país en 1987.

Pero, mientras un escritor libre (como Gabriel García Márquez o Mario Vargas Llosa) puede decidir dónde quiere tener su residencia e irse de su país porque así lo quiere, para Herta Müller (y tantos otros escritores de Rumania y de cualquier otro régimen dictatorial comunista del Este) salir significaba fugarse, escaparse, autoexiliarse o ser expulsado como una persona non grata de su propia comunidad por las decisiones arbitrarias e injustas de un dictador.

“Cada vez que regreso a Rumania me pregunto por qué tuve que salir (…) Yo no echo de menos el haberme ido de Rumania —confesó durante su visita a Rumania—, pero me da rabia el motivo de la salida. Si me hubiera ido por mi propia voluntad, si hubiera vivido en un país democrático y hubiera decidido mudarme a otro país, habría sido mi decisión, yo decidía lo que quería hacer con mi vida. Pero cuando otros deciden por ti, te destruyen”.

¿Es Herta Müller una escritora alemana? Por supuesto. En Alemania ha publicado sus libros que la hicieron famosa, en Alemania recibió la multitud de premios que precedieron el Nobel y que reconocen el valor de su escritura. Es hoy ciudadana alemana, en Alemania tiene su vida, allí vive su madre, con quien salió en 1987 de Rumania; allí tiene a su editor. Fueron los alemanes quienes la propusieron para el Premio Nobel, en cuyas listas estaba desde hace más de diez años.

Si fuera por nosotros, los rumanos, otros son los nombres que hemos enviado a Estocolmo: Nichita Stanescu, Marin Sorescu, Mircea Cartarescu. O Paul Goma —el Soljenitzin rumano, el verdadero símbolo de la oposición a la dictadura comunista, encarcelado varias veces en Rumania, residente hoy en París, después de haber sido expulsado por Ceausescu en 1977. Sus libros fueron traducidos y publicados en Francia, Italia, Suecia, Alemania, Holanda, Gran Bretaña—.

Esto no significa que el premio que ha recibido Herta Müller no es también para Rumania. En una entrevista concedida aquí durante su visita de 2008, al hacerle la pregunta “¿Cuál cree usted que es la primera identidad de Herta Müller, la alemana, la rumana o la étnico-alemana de Banat?”. Respondió: “Hay una mezcla. Tengo algo de cada una de las dos identidades. Nací de padres alemanes, pero crecí en Timisoara, en un ambiente rumano”.

Viene de su propia biografía

En todos sus libros este es el tema: una biografía en una zona del Este de Europa, abandonada casi 50 años en los tentáculos de unos regímenes cuyos crímenes contra la humanidad todavía no se conocen completamente en el mundo. Al premiar a Herta Müller se premia el sufrimiento colectivo de los pueblos bajo dictaduras. Todas sus declaraciones antes y después de recibir el Nobel hablan de esto: “La dictadura es el tema de todos mis libros. Creo que pertenezco a un grupo de autores que no han podido escoger su propia temática, les viene impuesta por las circunstancias. Todo el dolor y la destrucción humana que acarrean las dictaduras quedan grabados en las personas. El tiempo pasa, pero lo ocurrido sigue en las cabezas, no desaparece al pasar las hojas de los calendarios”.

El pensamiento de Herta Müller: La parábola del faisán

“Yo pude mantener con el idioma rumano una distancia bastante clara, en parte porque el rumano no es mi lengua materna, en parte porque lo aprendí con quince años y fue entonces que vine a escuchar lo hermoso que sonaba, lo sensual que era, con todas sus metáforas y figuras del lenguaje, muchas de ellas mezcladas a la superstición.

El idioma rumano posee muchos niveles inexistentes en las lenguas germánicas. No todo en él se vuelve en seguida vulgar. Puede ser frívolo pero no vulgar, lo cual es absolutamente imposible en mi lengua materna. Cuando traduzco algo del rumano al alemán todo se vuelve ordinario, obsceno. No se corresponde en absoluto con lo traducido, simplemente porque ese plano lingüístico no existe en alemán. Y eso es lo que me fascina del idioma rumano. Igual que sus contradicciones. He escrito un libro titulado ‘El hombre es un gran faisán en el mundo’. Ese es un giro rumano. En rumano es muy frecuente decir “He vuelto a ser un faisán”, que significa: “He vuelto a fracasar”, “No lo he logrado”. O sea, en rumano el faisán es un perdedor, mientras en alemán es un arrogante fanfarrón. Como se sabe, el faisán es un ave incapaz de volar, vive en el suelo. Cuando empiezas a cazar y todavía no sabes hacerlo bien, cazas faisanes. La presa más fácil, puesto que el faisán no puede escapar. Los rumanos han incorporado ese rasgo a su metáfora. ¿Y cuál han tomado los alemanes para la suya? Las plumas, el plumaje, lo cual es muy superficial. La vida del animal no interesa a la metáfora alemana; a los rumanos les interesa la existencia del ave, y eso me fascina. El faisán rumano ha estado siempre más cerca de mí que el faisán alemán.

Lo mismo me pasa con otras cosas. A menudo me da la sensación de ser, atendiendo a mi estructura, realmente una rumana. Hablo mal el rumano pero, estructuralmente, por mi tesitura interna y por lo que realmente me convence, también en poesía y sensualidad, soy rumana”.

El estilo de Herta Müller es muy particular. Destaca sobre todo por la gran fuerza evocadora de las palabras, que han llevado a muchos críticos a calificar su estilo de prosa poética, en la que «el detalle parece mayor que el todo».9​ La sintaxis de su prosa es monótona y viene enfatizada por la repetición de palabras y otros mecanismos propios de la poesía, como los paralelismos o el uso de frases elípticas. En muchas ocasiones, no hay una narración clara, sino una yuxtaposición de imágenes, como muestra el siguiente fragmento del relato En tierras bajas:

El largo sendero con la vid silvestre, las uvas color tinta cociéndose al sol bajo su piel finísima. Preparo pastelitos de arena, trituro ladrillos y los convierto en pimentón, me raspo la piel de las muñecas. Siento el ardor hasta los huesos.

Muñecas de maíz, trenzas de vainas de mazorca entretejidas. La barba del maíz es fría y áspera al tacto.

Herta Müller, En tierras bajas, Ediciones Siruela, 2009, pág. 26

Hoy hubiera preferido no encontrarme a mí misma

Una joven que trabaja en una fábrica de ropa durante la dictadura de Ceausescu ha sido citada para un interrogatorio. Ya había pasado por este trance en otras ocasiones, pero sabe que esta vez será peor. ¿Su crimen? Coser notas en los forros de los trajes de caballero que se venderán en Italia. «Cásate conmigo», dice la nota, con su nombre y dirección. Sería capaz de cualquier cosa con tal de salir del país. En el tranvía que la lleva a su interrogatorio, sus pensamientos se pierden en el recuerdo de toda la gente que ya no está.
Una vez más, la magistral pluma de Herta Müller, Premio Nobel de Literatura, nos desvela los horrores de la opresión que ella misma padeció.

 

Compilación realizada por Lorena Lacaille.

El cosmopolita escritor Henry James.

Henry James

(Nueva York, 1843 – Londres, 1916) Narrador, crítico y dramaturgo estadounidense de obra psicológica y estructuralmente compleja, considerado uno de los grandes maestros de la ficción moderna. Era hermano del filósofo y psicólogo W. James. Estudió en Nueva York, Londres, París y Ginebra, y en 1875 se estableció en Inglaterra. A los veinte años comenzó a publicar cuentos y artículos en revistas de su país.

Henry James

En sus primeras obras manifestó la influencia de la cultura europea, como en las escritas entre 1875 y 1881: Roderick Hudson (1876), El americano (1877), Daisy Miller (1879) y Retrato de una dama (1881). Esta última, sin duda una de sus obras maestras, es un análisis de los norteamericanos expatriados en Europa. En sus primeros tiempos mostró gran pericia en la escritura de relatos breves, aunque algunos críticos le adjudicaron cierto intelectualismo que lo alejaba de la prosa de argumento o de acción.

Su narrativa en general se caracteriza por el ritmo lento y la descripción sutil de los personajes, más que por los propios acontecimientos; las tramas, aunque no suelen ser complicadas en extremo, cobran densidad por los repliegues de la estructura y el estilo indirecto, como en Los papeles de Aspern (1888) y Otra vuelta de tuerca (1898), que es para muchos la culminación de su obra.

En esta última, por ejemplo, una muchacha es contratada por una familia adinerada para que se encargue de cuidar a sus sobrinos, pues los padres de los niños han muerto. Cuando llega a la casa conoce a Flora, la niña, y a los pocos días llega Miles, el niño, y poco a poco la chica descubre que pasan cosas extrañas en la casa, pues Flora parece estar poseída por Jessel, el fantasma de la antigua niñera que había fallecido, y Miles también parece estarlo por el señor Quint, otro servidor que trabajaba allí años atrás.

En la novela los hechos nunca asumen la gravedad esperada, rasgo propio del autor, que va dilatando la verdad por medio de una prosa morosa, revelando oblicuamente los motivos y conductas de sus personajes, con diálogos y observaciones minuciosas, técnica que siguió empleando en sus últimas creaciones: Las alas de la paloma (1902), Los embajadores (1903) y La copa dorada (1904).

La forma en que narra los procesos mentales de sus personajes lo convierte en uno de los precursores indiscutibles del llamado “monólogo interior”, en lo que se anticipó a maestros como J. Joyce o W. Faulkner; otro de sus avanzados descubrimientos estilísticos fue el empleo de narradores múltiples. Autor prolífico, escribió una veintena de novelas, más de un centenar de relatos, varias obras teatrales e innumerables críticas, además de lúcidos ensayos como El arte de la novela, La imaginación literaria y los Cuadernos de apuntes, que ejercieron un indudable magisterio en muchos autores posteriores.

 Washington Square (1880)

Magistral retrato psicológico de una solterona abrumada entre una problemática relación con un padre dominante y la oportunidad sentimental que le ofrece un joven agraciado, incierto en sus pretensiones puesto que parece más pendiente de la fortuna paterna que de la opaca mujer a la que dice amar.

Catherine Sloper es la opaca hija de un padre inteligente quien nunca la ha perdonado por no haber alcanzado el brillo y la belleza de su madre muerta. Es un médico exitoso que vive junto a su hermana, la viuda Penniman y su única hija. Ésta, a pesar de poseer una fortuna modesta dejada en herencia por su madre y expectativas mayores por el padre, no ha atraído pretendientes. Por fin, a través de su tía, conoce a Morris Townsend, de quien su padre desconfía y más tarde descubre que es un holgazán. Cuando el Dr. Sloper rehúsa aceptar el matrimonio, Catherine permanece fiel a Morris, pero se ve obligada a aceptar pasar 6 meses en Europa en una maniobra del padre por alejarla de su sospechoso pretendiente, cosa que está lejos de lograr.

Graham Greene dijo de ella que quizá era la única novela en la que un hombre había conseguido invadir el campo femenino produciendo una obra comparable a las de Jane Austen. La historia avanza deliberadamente de un modo pausado con un agudo análisis de las costumbres sociales de la época y su clase social que el autor resuelve volcando una fuerte capacidad dramática en la orgullosa firmeza de la joven protagonista ante las presiones de que es objeto tanto por el lado paternal como por parte de la atractiva capacidad de convicción de su pretendiente.

Novela perfecta para iniciarse en la lectura de Henry James, es un relato distinguido y elegante, con un tratamiento realista y agudo de las relaciones humanas y una perspicaz manera de evitar situaciones amaneradas o convencionales, tan en uso en la época en que fue escrita.

 

El expolio de Poynton (1896)

Ejemplo de la genial capacidad de James para convertir una pequeña anécdota casi sin importancia, contada por una amiga al propio escritor en pocas palabras, en una obra compleja y extraordinaria.

Superficialmente, se trata de una disputa familiar en torno a unas propiedades. Poynton es la casa familiar de la señora Gereth, una viuda que junto a su marido logró dotar al lugar de una refinada calidad artística intensa y personal. Su único hijo, Owen, que tiene en poco aprecio los distinguidos enseres familiares, piensa casarse con Mona, una joven que contempla a Poynton tan solo como su futuro hogar familiar, por lo que se sobreentiende que la viuda saldrá de la casa con “lo que necesite”. Y lo que necesita es de tal calibre que deja vacío el antiguo feudo familiar.

La señora Gereth disfruta de la compañía de Fleda Vetch, una joven de gusto exquisito pero de poca fortuna. Será ella la intermediaria entre madre e hijo, puesto que no se hablan entre ellos. De esta suerte, nace una fuerte atracción entre los dos jóvenes, pero Owen está comprometido con Mona, lo que provoca uno de esos conflictos tan del gusto de Henry James, y cuyas consecuencias son a menudo imprevisibles y en cualquier caso complejas. No se trata de un vulgar triángulo amoroso, sino de una relación en la que prevalecen los principios de una mujer, Fleda, en su escrupulosa negativa a aprovecharse de su enamorado Owen y en su capacidad de conservar el respeto de la poco sensible señora Gereth. Lo que Fleda –y Owen- perdió aparece en una de las escenas más convincentes de amor que escribiera James.

La calidad dramática de la novela, asentada en unas situaciones donde los personajes despliegan todo un surtido de sentimientos, desde la terquedad de la viuda a la honestidad de la joven Fleda enfrentada a la confusión entre amorosa y social del desdichado Owen, muestra al frustrado autor teatral que fue Henry James, cuya primera concepción de esta historia fue una obra dramática en tres actos que se evidencia afortunadamente en una novela donde las secuencias -o actos– se adaptan al argumento con innegable talento.

Ejemplo de la genial capacidad de James para convertir una pequeña anécdota casi sin importancia, contada por una amiga al propio escritor en pocas palabras, en una obra compleja y extraordinaria.

Superficialmente, se trata de una disputa familiar en torno a unas propiedades. Poynton es la casa familiar de la señora Gereth, una viuda que junto a su marido logró dotar al lugar de una refinada calidad artística intensa y personal. Su único hijo, Owen, que tiene en poco aprecio los distinguidos enseres familiares, piensa casarse con Mona, una joven que contempla a Poynton tan solo como su futuro hogar familiar, por lo que se sobreentiende que la viuda saldrá de la casa con “lo que necesite”. Y lo que necesita es de tal calibre que deja vacío el antiguo feudo familiar.

La señora Gereth disfruta de la compañía de Fleda Vetch, una joven de gusto exquisito pero de poca fortuna. Será ella la intermediaria entre madre e hijo, puesto que no se hablan entre ellos. De esta suerte, nace una fuerte atracción entre los dos jóvenes, pero Owen está comprometido con Mona, lo que provoca uno de esos conflictos tan del gusto de Henry James, y cuyas consecuencias son a menudo imprevisibles y en cualquier caso complejas. No se trata de un vulgar triángulo amoroso, sino de una relación en la que prevalecen los principios de una mujer, Fleda, en su escrupulosa negativa a aprovecharse de su enamorado Owen y en su capacidad de conservar el respeto de la poco sensible señora Gereth. Lo que Fleda –y Owen- perdió aparece en una de las escenas más convincentes de amor que escribiera James.

La calidad dramática de la novela, asentada en unas situaciones donde los personajes despliegan todo un surtido de sentimientos, desde la terquedad de la viuda a la honestidad de la joven Fleda enfrentada a la confusión entre amorosa y social del desdichado Owen, muestra al frustrado autor teatral que fue Henry James, cuya primera concepción de esta historia fue una obra dramática en tres actos que se evidencia afortunadamente en una novela donde las secuencias -o actos– se adaptan al argumento con innegable talento.

 

Compilación realizada por Lorena Lacaille.

La escritora predilecta de Hichtcockc

La luna entre las nubes, el portalón de hierro de la gran casa… «Anoche soñé que volvía a Manderley». Todo el mundo recuerda el inicio de Rebeca y ha visto la película. Daphne du Maurier comenzó a escribir Rebeca en Alejandría en 1936, adonde había acompañado a su marido, el alto militar Frederick Browning, con el que se había casado cuatro años antes y con el que ya había tenido al primero de sus tres vástagos.

La historia de la jovencita sin nombre que se casa con el maduro señor De Winter y que no imagina el calvario que le espera en la mansión de Manderley, acechada por la vigilante y hostil presencia de la señora Danvers, el ama de llaves obsesionada por la anterior, perversa y fallecida -¿asesinada?- esposa del amo de la casa, fue el mayor y más perenne éxito de Daphne du Maurier.

Pero la escritora, dos años antes, ya había conocido un éxito resonante con La posada de Jamaica (1936), cuya versión cinematográfica fue la última película inglesa de Alfred Hitchcock antes de instalarse en Hollywood. Cuando Hitchcock filmó en 1940 Rebeca, su primera película americana, Daphne du Maurier era para él un valor seguro. Hitchcock, sin duda, contribuyó mucho a la fama de Du Maurier, pero Du Maurier le proporcionó novelas ya consagradas, tramas muy eficaces para los propósitos del cineasta.

De modo que Hitchcock repitió. En 1962, el director rodó Los pájaros -otro éxito, otro clásico- adaptando muy libremente, con el novelista y guionista Evan Hunter-tuvieron una tormentosa relación-, un relato publicado por Daphne du Maurier 10 años antes. Podemos leerlo, para comprobar las enormes diferencias entre el texto y la película, en Los mejores relatos de terror llevados al cine, una antología elaborada por Juan José Plans para Alfaguara.

¿Terror? Du Maurier, que también escribió novelas históricas, de aventuras y hasta de ciencia-ficción, utilizó, sí, el terror en varias de sus narraciones más conocidas o, si se prefiere, el misterio y el suspense, sobre bases enraizadas en el goticismo y en el drama romántico y sentimental decimonónico, creando atmósferas angustiosas generalmente en el ambiente de una gran casa situada en el paisaje de Cornualles -donde residió tantos años en un histórico casoplón-, al suroeste de Inglaterra, y dando protagonismo a mujeres fuertes, ambiguas, manipuladoras y malévolas, que tal vez actúan en agresiva defensa propia.

Mucho de todo esto puede degustarse en Mi prima Rachel (1951), otro de los grandes éxitos de Du Maurier, que el cineasta Henry Koster llevó al cine en 1952 con el protagonismo de un joven Richard Burton y de Olivia de Havilland y que ahora acaba de publicar Alba Editorial.

Las novelas de Du Maurier han sido adaptadas a la pantalla más de una docena de veces, y eso no es precisamente un mérito para los críticos e historiadores de la literatura, que han dejado a la escritora fuera de los manuales, confinada en el apartado de pioneros del best-seller. Lo cierto es que Du Maurier -magnífica creadora de argumentos, personajes, diálogos, clímax y escenarios- fue una escritora anclada en el pasado, totalmente ajena a la modernidad y a la renovación de las letras inglesas.

Daphne du Maurier nació en Londres en 1907 y fue una de las tres hijas -su hermana Ángela también fue novelista- del matrimonio formado por el actor y director teatral Gerald du Maurier y la actriz Muriel Beaumont. Creció, pues, en un entorno culto y refinado, con preceptores particulares, rodeada de libros y de los artistas y escritores amigos de sus padres. Escribió desde muy joven -publicó su primera novela a los 24 años- y amplió sus estudios en París, lugar de origen de su familia.

Si su padre era amigo de James Barrie, el creador de Peter Pan, y había interpretado al capitán Garfio en el teatro -además de ser hermano de Sylvia Llewelyn Davies, cuyos hijos inspiraron la obra de Barrie-, su abuelo, el escritor y dibujante George du Maurier, fue el autor de Peter Ibbetson, la novela que entusiasmó a los surrealistas. Daphne escribiría sendos libros sobre su familia y, una vez muerto, sobre su padre. Y aquí empezamos a meternos en harinas, sí, movedizas.

Años después de su muerte, en 1989, Margaret Forster publicó una muy contestada biografía sobre Daphne du Maurier que documentaba con presuntas cartas inéditas la bisexualidad de la escritora, afirmando que mantuvo relaciones lésbicas con, al menos, otras dos mujeres casadas, la gran actriz británica Gertrude Lawrence y Ellen Doubleday, esposa de su editor americano, a la que conoció, por cierto, cuando tuvo que responder en Nueva York ante los tribunales por una acusación de plagio, por Rebeca, formulada por la novelista Edwina L. McDonald. De lo mismo la acusó la escritora brasileña Carolina Nabuco. Du Maurier salió airosa e inocente de ambos lances, y también de la imputación -un tanto absurda- de que Rebeca se parecía demasiado a Jane Eyre.

El caso es que la biografía de la Forster organizó una buena. Una hija de Gertrude Lawrence llegó a decir que su madre, lejos de ser lesbiana, fue ninfómana perdida. Un telefilme inglés de 2007, Daphne, de Clare Beaven, desarrolló la relación de Du Maurier con Gertrude y Ellen, a quien algunos identifican como la Rachel de Mi prima Rachel, de la que está por estrenarse en España una nueva versión cinematográfica protagonizada por Rachel Weisz.

El padre. Está absolutamente confirmado por la escritora que su padre era un homófobo autoritario, que quiso que ella hubiera nacido varón, que le prohibía salir con jovencitos y que mantuvo con ella una relación posesiva al borde del incesto. El marido, el gran militar elevado al título de Sir por la reina Isabel -Daphne fue nombrada Lady-, volvió de la Segunda Guerra Mundial alcoholizado y con amantes, y acabó petando con una crisis nerviosa. ¿Ocasionó lo uno más lo otro que Daphne du Maurier sintiera predilección por las mujeres? Siempre se ha dicho que el fervor de la señora Danvers por la difunta Rebeca tenía su miga.

 

Du Maurier también escribió relatos, teatro y ficción fantástica. Y recibió premios y reconocimientos como el National Book Award  en Estados Unidos y la Orden del Imperio Británico. No obstante, sus títulos más famosos y universales fueron estos.

La posada de Jamaica (1937)

Es la historia de Mary Yellan que, tras la muerte de sus padres, va a vivir con sus tíos, a los que apenas conoce. Su tío es propietario de La posada de Jamaica en Cornualles. Cuando Mary llega, se encuentra con una realidad muy dura. Su tío es un borracho que maltrata a su tía y la posada es un antro de mala muerte al que acuden parroquianos de la peor calaña: borrachos, contrabandistas y criminales.

Mary empieza a sospechar que su tío tiene negocios turbios entre manos. A su vez aparece Jem Merlyn, un oficial de la Marina que investiga quién puede estar detrás de los continuos naufragiosde embarcaciones a las que roban sus botines. Sus pesquisas pronto pondrán su vida en peligro. Mary será la única que pueda ayudarlo.

Fue la primera novela de Du Maurier y obtuvo gran éxito. Ha sido objeto de muchas adaptaciones al cine y series de televisión con la misma buena acogida por lectores y público en general. Pero sin duda la más famosa tuvo la dirección de Alfred Hitchcock, admirador confeso de Du Maurier.  No sería la única vez que el legendario director británico adaptara una de sus obras. Contó con un reparto extraordinario encabezado por Charles Laughton, Robert Newton o Maureen O’Hara en su primer papel. Se estrenó en 1939.

Rebeca (1938)

Du Maurier posiblemente alcanzó la inmortalidad literaria con Rebeca (1938), título que de nuevo adaptó Hitchcock para hacerla también inmortal en el cine. Y sir Laurence Olivier, Joan Fontaine y la inolvidable Judith Anderson fueron las mejores caras que pudieron tener el señor Maxim de Winter, la segunda señora de Winter y narradora de la historia, y la señora Danvers, la inquietante ama de llaves de la mansión Manderley, propiedad del señor De Winter.

Durante una estancia en Montecarlo la protagonista conoce a Maxim de Winter, aristócrata viudo muy atractivo cuya esposa murió en extrañas circunstancias. Se enamora de él, que, aunque mucho mayor, le propone matrimonio. Se casan sin apenas conocerse y se trasladan a vivir a Manderley.

Pero allí la presencia de la difunta Rebecca (la primera mujer de Maxim) empieza a enrarecer la relación entre los esposos. Joven e insegura, la segunda señora de Winter se sientecontinuamente comparada con Rebecca, sobre todo por la señora Danvers, quien la considera una intrusa y le hace la vida imposible.

Suspense, romance, drama psicológico, acción e intriga a partes iguales se entrelazan para atrapar al lector y desde luego también al cinéfilo.

 

Los pájaros (1962)

Relato corto con final abrupto que Du Maurier pudo dejar así para la imaginación del lector, esta terrorífica historia quedó plasmada en la retina de todos gracias a la obra maestra del cine que, otra vez, firmó Hitchcock. Con Tippi Hedren y el australiano Rod Taylor como protagonistas.

Un planteamiento de una pregunta: ¿Qué haríamos si un día esas criaturas aparentemente inofensivas que son los pájaros alteraran su comportamiento sin razón y empezaran a atacar a los seres humanos? Pues bien, aquí todos ellos, pequeños, medianos o grandes, se vuelven letales.El protagonista de la historia intentará salvar a su familia, resguardándose como puede de los ataques de miles de pájaros que llegan de todas partes.

El desasosiego, la perturbación y la angustia ante un hecho incomprensible alcanza las cotas insuperables que supo reflejar exactamente el maestro británico del suspense y el terror.

¿Por que leer a Daphne du Maurier? Por lo prolífico y variado de sus novelas, que convencen por igual a amantes de géneros como la novela romántica, de terror, de misterio o de ficción fantástica.

 

Compilación realizada por Lorena Lacaille.